Le Prix international d’excellence pour la lutte contre la corruption célèbre les leaders mondiaux de l’intégrité lors de sa neuvième édition à Doha

Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani International Anti-Corruption Excellence Award (Le Prix International d'Excellence en matière de Lutte contre la Corruption du Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani) a franchi aujourd’hui une nouvelle étape majeure, alors que des invités de marque, des partenaires internationaux et des défenseurs de l’intégrité se sont réunis au Katara Hall à Doha pour célébrer le travail remarquable des lauréats de cette année. L’édition 2025 marque le retour du Prix à Doha, après sa dernière cérémonie organisée dans la ville en 2022 après avoir y organisée sa septième édition en 2022, réaffirmant l’engagement constant du Qatar en faveur de la promotion de l’intégrité à l’échelle mondiale.
Placée sous le haut patronage de Son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Émir de l’État du Qatar,et en soutien à et avec le soutien de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la cérémonie a rendu hommage à des personnalités ayant apporté des contributions significatives et durables à la transparence, à la redevabilité et à la lutte mondiale contre la corruption.
Depuis son lancement à Vienne en 2016, le Prix est devenu l’une des distinctions les plus respectées au monde dans le domaine de la lutte contre la corruption. À travers neuf éditions organisées dans des villes telles que Vienne, Genève, Kuala Lumpur, Kigali, Tunis, Doha, Tachkent et San José, le Prix a honoré 68 lauréats d’exception dont l’impact s’étend à travers les continents et les secteurs.
La cérémonie de cette année a rassemblé plus de 1 500 participants, parmi lesquels figuraient de hauts responsables des Nations Unies, des ministres, des ambassadeurs, des dirigeants gouvernementaux, des experts en lutte contre la corruption ainsi que des membres de la communauté internationale et diplomatique.
Chacun des lauréats de l’édition 2025 a reçu le trophée emblématique du Prix ainsi qu’un certificat, symboles de la reconnaissance mondiale de leur leadership, de leur innovation et de leur engagement indéfectible en faveur de l’intégrité.
À l’issue de la cérémonie, une table ronde dédiée a réuni les lauréats de l’édition 2025. Cette session a offert une plateforme de discussion autour des nouveaux défis liés à l’intégrité et a mis en lumière les solutions innovantes proposées par les lauréats.
Organisée une nouvelle fois à Doha, l’édition 2025 a réaffirmé l’engagement ferme du Qatar à promouvoir la coopération internationale et à renforcer les cadres mondiaux favorisant la transparence et la bonne gouvernance.
Le Prix international d’excellence pour la lutte contre la corruption récompense des lauréats dans quatre catégories :
- Réalisation Exceptionnelle Ou Engagement Durable
- Recherche / Enseignement Universitaire
- Créativité et engagement des jeunes
- Innovation ou journalisme d’investigation
Les personnalités honorées lors de la cérémonie 2025 sont :
- M. Drago Kos (Slovénie) – Réalisation Exceptionnelle Ou Engagement Durable
M. Drago Kos est une figure mondiale de premier plan dans la lutte contre la corruption, avec plus de 30 années d’impact. Il a présidé le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption de 2014 à 2022, guidant d’importantes réformes et contribuant à la Recommandation anticorruption de 2021. Auparavant, en tant que président du GRECO au Conseil de l’Europe, il a contribué au renforcement des normes internationales de lutte contre la corruption.
En Slovénie, il a été le premier président de la Commission pour la prévention de la corruption, qu’il a érigée en modèle mondial, et il est l’auteur de la stratégie nationale anticorruption ainsi que de la loi historique de 2010 sur l’intégrité et la prévention de la corruption.
Il a également co-rédigé des normes mondiales majeures, dont le Manuel 2025 de prévention de la corruption pour les laboratoires médico-légaux spécialisés dans les drogues.
- Dr Obiageli Ezekwesili (Nigéria) – Réalisation Exceptionnelle Ou Engagement Durable
Dr Obiageli Ezekwesili est une défenseure mondiale de premier plan de la transparence et de la bonne gouvernance, avec plus de 30 années d’impact. Elle est cofondatrice de Transparency International et a contribué à façonner l’Indice de perception de la corruption.
Au Nigéria, elle a conduit d’importantes réformes anticorruptions, négocié le Pacte anticorruption Nigéria–G8 et fondé TUGAR afin de renforcer les systèmes nationaux d’intégrité. Elle a également promu la transparence dans les marchés publics ainsi que dans le secteur pétrolier et gazier à travers l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).
Ancienne ministre de l’Éducation, elle a introduit des réformes clés pour lutter contre la fraude aux examens et renforcer la redevabilité. Son influence s’est étendue à l’ensemble de l’Afrique à travers son rôle de vice-présidente de la Banque mondiale pour la région, où elle a encouragé des réformes en matière de gouvernance et d’institutions.
Professeur Nikos Passas (Grèce) – Recherche / Enseignement Universitaire
Le professeur Nikos Passas est un éminent universitaire mondialement reconnu dans le domaine de la lutte contre la corruption, avec plus de 35 années de travaux.
Il est l’auteur de plus de 270 publications en 15 langues. Parmi ses contributions académiques les plus marquantes figurent les Guides législatifs pour la Convention des Nations Unies contre la corruption et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.
Il a développé des outils mondiaux majeurs, tels que la base de données juridique de la plateforme UN TRACK et la liste officielle de contrôle de l’examen de l’application de la CNUCC, utilisée par plus de 190 États parties.
En tant qu’enseignant, le professeur Passas a formé des praticiens à l’échelle mondiale, enseigné dans des universités de premier plan et soutenu de grandes institutions, notamment le FMI, la Banque mondiale, l’ONUDC et la Commission européenne. Son expertise a façonné des programmes universitaires et des initiatives internationales de formation, et ses témoignages ont éclairé des affaires majeures de corruption et de criminalité financière.
Dr Marianne Camerer (Afrique du Sud) – Recherche / Enseignement Universitaire
Dr Marianne Camerer est une experte de premier plan en matière d’intégrité et de gouvernance, avec près de trente ans d’impact en Afrique et au-delà. Ses premiers travaux à l’Institut d’études de sécurité ont influencé la réflexion fondatrice sur les agences anticorruption et la protection des lanceurs d’alerte, contribuant à des politiques nationales telles que la Stratégie nationale anticorruption de l’Afrique du Sud.
En tant que cofondatrice de Global Integrity, elle a introduit des outils innovants fondés sur des données probantes, aidant gouvernements, société civile et chercheurs à évaluer les risques de corruption et à renforcer les systèmes de redevabilité. Elle a également collaboré avec la Nelson Mandela School of Public Governance de l’Université du Cap pour renforcer les capacités de leadership sur le continent.
L’expertise de la Dre Camerer a soutenu des initiatives clés des Nations Unies en matière d’éthique du service public, de stratégies nationales anticorruption et d’évaluations de programmes de l’ONUDC.
Mme Gloria Pallares Vinyoles (Espagne) – Innovation / Journalisme d’investigation
Mme Gloria Pallares Vinyoles est une journaliste d’investigation comptant plus de dix ans de travail marquant à l’intersection de l’intégrité environnementale, des droits des peuples autochtones et de la lutte contre la corruption.
Depuis 2021, avec le soutien du Pulitzer Center et de l’International Center for Journalists, elle a dirigé d’importantes enquêtes transcontinentales révélant la corruption dans la gouvernance forestière et carbone en Afrique centrale et en Amérique latine.
Ses reportages ont mis au jour un système frauduleux visant plus de 9,5 millions d’hectares de terres forestières autochtones au Pérou, en Bolivie et au Panama, permettant à la nation Matsés de le rejeter et entraînant une réaction internationale.
Dans le bassin du Congo, elle a révélé des activités illégales d’exploitation forestière, minière et des accords carbones corrompus couvrant des zones deux fois plus vastes que le Rwanda, contribuant à des enquêtes soutenues par l’Union européenne et à l’annulation de contrats frauduleux.
M. Tatenda Chitagu (Zimbabwe) – Innovation / Journalisme d’investigation
M. Tatenda Chitagu est un journaliste d’investigation courageux dont le travail allie intégrité, redevabilité et journalisme sans compromis. Il a contribué à des ouvrages publiés à l’international, dont Anti-Social Media? The Impact of Journalism on Society et Investigative Journalism Today: Speaking Truth to Power. Son engagement envers une recherche rigoureuse lui a valu une bourse de six mois à l’Université d’Oxford pour étudier la relation entre les médias et le pouvoir politique au Zimbabwe.
Son enquête Sur la piste des trafiquants de lithium en Afrique australe a révélé des réseaux de contrebande impliquant des agents frontaliers, des forces de sécurité et des élites politiquement connectées. Il a également mis au jour l’utilisation abusive des fonds liés à la COVID-19 et des ressources publiques, suscitant un débat public et renforçant les mécanismes de contrôle.
Par son journalisme audacieux, M. Chitagu continue de promouvoir la transparence, de défendre l’intérêt public et de renforcer les communautés au Zimbabwe et en Afrique australe.
Mme Andiswa Matikinca (Afrique du Sud) – Innovation / Journalisme d’investigation
Mme Andiswa Matikinca est une journaliste d’investigation environnementale travaillant avec Oxpeckers Investigative Environmental Journalism depuis 2018. Elle a codirigé l’enquête majeure de 2025 Sur la piste des trafiquants de lithium en Afrique australe avec le journaliste Tatenda Chitagu, mettant au jour un réseau de contrebande transnational exploitant la faiblesse des contrôles frontaliers et la corruption de responsables au Zimbabwe, au Mozambique et en Afrique du Sud.
Leur enquête a révélé comment des trafiquants ont contourné l’interdiction d’exportation du lithium brut imposée par le Zimbabwe en 2022, à travers des pots-de-vin, des documents falsifiés et des intermédiaires locaux, exposant la complicité officielle dans l’affaiblissement de la gouvernance minière légale.
Au-delà de cette enquête, Mme Andiswa a géré la plateforme de données ouvertes #MineAlert, permettant aux citoyens de suivre la redevabilité dans le secteur minier, et a contribué à #WildEye, qui a aidé à révéler des réseaux de trafic de faune facilités par la corruption.
M. Marr Nyang (Gambie) – Créativité et engagement des jeunes
M. Marr Nyang est l’un des jeunes défenseurs anticorruptions les plus influents d’Afrique, à l’origine de réformes majeures en Gambie. Fondateur de Gambia Participates, il a renforcé l’engagement civique, autonomisé les citoyens et fait progresser la redevabilité nationale grâce à un plaidoyer fondé sur des preuves et une action courageuse.
Ses actions en justice stratégiques ont marqué l’histoire en bloquant l’utilisation abusive de 54,4 millions de Dalasi de fonds publics en 2021 et en empêchant des fraudes électorales par des interventions judiciaires décisives.
Il a joué un rôle clé dans l’adoption de la première loi anticorruption de la Gambie en 2023, en réunissant le Parlement, les rédacteurs juridiques et la société civile afin de combler des lacunes de gouvernance de longue date.
Au niveau national, ses recherches pionnières et ses initiatives de transparence ont permis d’augmenter le score de transparence budgétaire de la Gambie de 4 à 36 entre 2019 et 2023, culminant avec le lancement du premier Indice de corruption de la Gambie en 2025.
M. Matiullah Wesa (Afghanistan) – Créativité et engagement des jeunes
M. Matiullah Wesa est un militant courageux pour l’éducation et le fondateur de Pen Path, une organisation de la société civile dédiée à la défense du droit de chaque enfant à une éducation de qualité.
Sa mission a débuté après avoir été témoin des obstacles majeurs auxquels sont confrontés les étudiants afghans en particulier les filles et les enfants des zones rurales ainsi que de la négligence généralisée du système éducatif. Ces défis sont devenus encore plus évidents lorsqu’il a mis au jour une corruption systémique au sein du ministère de l’Éducation, où des fonds destinés aux enseignants, aux manuels scolaires et aux fournitures essentielles étaient détournés.
Il a lancé des campagnes nationales de sensibilisation à la corruption et à l’éducation dans plus de 370 districts, touchant plus de six millions de personnes et sensibilisant le public aux effets néfastes de la corruption sur le système éducatif. Ses efforts ont conduit à la création d’une commission présidentielle chargée d’enquêter sur le secteur, dans laquelle Pen Path a joué un rôle clé. La commission a révélé l’existence d’« écoles fantômes », des fraudes touchant 1,7 million d’élèves et la fausse déclaration de plus de 1 400 établissements scolaires.
Fin
